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Géopolitique

Affaire des sous-marins : la France s’éloigne-t-elle des Etats-Unis ?

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L’affaire des sous-marins a été un électrochoc en France. L’allié américain nous aurait-il trahi ? Pour mieux comprendre ce qu’il s’est passé, nous avons analysé 50 ans de discours des présidents de la république Française, de 1974 à 2021. En effet, le temps consacré par un président à un pays est un bon indicateur de la proximité entre ce pays et la France. Décryptage.

On a tous à l’esprit une phrase marquante d’un président de la république en exercice. Ce que l’on sait moins, c’est que tous les discours du président et des membres du gouvernement sont soigneusement archivés par vie-publique.fr. Se plonger dans cette base de donnée exceptionnelle, c’est faire un voyage dans le temps. Nous avons fait ce voyage à notre manière, à l’aide de nos outils d’analyses de données.

Des présidents qui parlent beaucoup

Le premier constat, c’est celui de la fréquence de la parole présidentielle. La courbe grise représente le nombre de communications officielles du président de la république par an. Jusqu’au quinquennat d’Emmanuel Macron, la tendance était à l’augmentation des communications. François Hollande détient le record du nombre de communications pour un président depuis 1974. Avec 414 par an, il a communiqué en moyenne plus d’une fois par jour.

Pour Emmanuel Macron, l’indicateur est calculé au pro-rata de l’avancement de son mandat

L’Allemagne au centre des préoccupations des nos présidents, suivie des Etats-Unis

Revenons à la géopolitique. Notre algorithme a analysé les données de chacune de ces communications pour extraire des informations sur les pays concernés. Puis, nous avons fait les comptes. Sur l’ensemble de la période étudiée (1974-2021), l’Allemagne est sans surprise le pays qui arrive en tête, avec 644 communications de présidents. Suivent les Etats-Unis et l’Union Européenne (ou son prédécesseur la CEE – Communauté Economique Européenne).

Pas de distanciation vis-a-vis des Etats-Unis, mais un éloignement temporaire de la Chine et de la Russie

Intéressons nous à l’évolution dans le temps de nos relations diplomatiques. Nous avons pour cela regardé la part de communications consacrée à chaque géant politique : Chine, Russie et Etats-Unis, par mandat présidentiel. Les Etats-Unis ont toujours occupé entre 4 et 5,7% des communications à portée internationale de nos présidents. Aucune baisse substantielle n’est observée.

En revanche, on ne peut pas en dire autant de la Chine et de la Russie (ou l’URSS, avant 1991). Cette dernière n’a représenté que 2,3% des communications à portée internationale sous Nicolas Sarkozy, et 1,3% sous Hollande, soit 3,5 points que pendant le mandat d’Emmanuel Macron. On peut penser que cette diminution des communications est liée aux tensions qui ont ponctué ces quinquennats : Géorgie, Ukraine notamment.

Ces données ne permettent donc pas de conclure à un éloignement entre la France et les Etats-Unis. En tout cas, si éloignement il y a, il ne se traduit pas par une diminution des discours et communications des présidents.

Un regain d’intérêt récent pour l’Australie

En revanche, les données montrent un rapprochement récent avec l’Australie. Jusqu’en 2013, les présidents ne consacraient en moyenne qu’un discours ou communication tous les 4 ans à l’Australie, contre 2 par an à partir de 2015, soit juste avant la signature du contrat à 56 milliards d’euros, conclu en 2016, comme le rappelle l’Express.