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Santé

Data-checking : Covid-19, que faut-il vraiment attendre de notre été ?

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Depuis quelques jours, la campagne de communication du gouvernement s’intensifie pour encourager à la vaccination et à la prudence, alors que les vacances estivales débutent cette semaine pour beaucoup. Plusieurs pays connaissent actuellement un rebond épidémique. Si l’inquiétude est fondée, le scénario le plus probable est celui d’une vague estivale d’une nature différente des précédentes. À quoi ressemblerait-elle ? Décryptons.

Le ton du ministre est alarmant, et le message clair : une nouvelle vague est possible dès fin juillet, et non plus à l’automne. Le vaccin est les gestes barrière sont nos seuls recours. Le message est martelé depuis plusieurs jours par tous les membres du gouvernement.

Après des semaines de baisse intense de circulation du virus, le début d’une nouvelle phase

Les motifs d’inquiétude sont réels et sérieux, et les indicateurs épidémiques le montrent bien : la taux d’incidence repart à la hausse dans certains département et sur certaines classes d’âge. Il passe ainsi de 36 à 52 sur 7 jours pour 100 000 habitants chez les 20-29 ans, la semaine du 25/06.

C’est une certitude aujourd’hui : cette hausse n’est qu’une amorce. Le variant delta est un facteur clé de ce retour du virus. Toutes les études s’accordent à la caractériser comme plus contagieux – entre 40 % et 60 % plus transmissible – que la variant alpha, lui-même plus contagieux que la souche originelle du virus.

L’analyse des données des 4 dernières semaines est sans appel. En Europe, les pays où la présence du variant Delta est la plus forte sont aussi ceux qui connaissent le plus fort taux d’incidence.

S’il est probable que la circulation du virus s’accélère chez les jeunes en premier, les deux vagues précédentes nous ont appris que la propagation s’opère des jeunes vers les plus âgés.

Au Royaume-Uni, le système tient grâce à la vaccination, mais les hospitalisations sont en légère hausse

La différence avec les vagues précédentes est évidemment la vaccination. Et sur ce front, les nouvelles sont bonnes. Tous les vaccins sont efficaces pour prévenir les formes graves, quel que soit le variant.

Les données les plus remarquables viennent du Royaume-Uni, où 86 % de la population a reçu une première dose, et 64% est entièrement vaccinées, en témoignent les graphiques du Guardian ci-après. Même The Sun corrobore, c’est dire ! Si la vague est comparable en hauteur avec la précédente, elle ne conduit pas à une saturation des hôpitaux. Lors des vagues précédentes, 3 à 4 semaines suffisaient pour observer l’afflux dans les hôpitaux. Plus d’un mois et demi après le début de cette dernière vague, l’impact sur les hôpitaux reste modéré. Notons tout de même que le seuil des 300 hospitalisations par jour risque d’être franchis très bientôt.

Source : The Guardian
Source : The Sun

En France, un taux de vaccination encore insuffisant ?

Sur le front français, on peut observer deux différences majeures avec le Royaume-Uni.

Le taux de vaccination. Certes, 77 % des françaises et français de plus de 75 ans sont intégralement vaccinés dans l’hexagone, mais ce taux chute à 50 % lorsque l’on considère l’ensemble de la population, contre 63 % au Royaume-Uni. Avantage britannique.

Le vaccin. La grande majorité des britanniques est vaccinée à l’Astra Zeneca, qui représente une minorité des vaccinations en France, où le Pfizer-Bio’N’Tech domine. Tous deux efficaces contre les variants, les deux vaccins présentent cependant des différences marginales qui rendent la comparaison entre les pays difficile. Par exemple, la couverture après une seule dose d’Astra Zeneca serait meilleure que celle de Pfizer chez les 80 ans et plus. À l’inverse, le second serait plus efficace après un cycle vaccinal complet. À terme, léger avantage théorique pour la France donc.

Ces différences sont à l’origine de l’incertitude quant au scénario qui se dessinera ces prochaines semaines. L’épidémie redémarrera, cela parait désormais inévitable. La pression sur l’hôpital et l’afflux de cas graves et de décès dépendra de qui, du vaccin ou du virus, gagnera la course contre la montre.

Sources : Dashboard gouvernemental de suivi du COVID au Royaume-Uni, Covid Tracker et GISAID

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